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Yan - Hanoï

J'ai eu la chance de rencontrer Yan (au centre) ainsi que deux de ses partners (à gauche) via un réseau d'expatrié en ligne.
Il a rapidement accepté que l'on se rencontre dans l'établissement "Home Kitchen" qu'il a co-fondé afin de partager son parcours à travers le monde ainsi que sa vision d'un entrepreneur social.

2000

clients par mois

3

patenariats intégrés

17

logements disponibles dans le homestay

4

engagements sociaux

Age: 35 ans

Lieu de naissance: Nemours (77)

Lieu de vie: Hanoï

Activité: Co-founder B&B Homestay Kitchen Restaurant Rooftop Bar

Hobbies : Sport, fitness

Métier rêvé pendant l'enfance: Carrière dans l'armée

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DAB : Bonjour Yan, peux-tu te présenter ainsi que nous expliquer ton parcours ?
Yann : Je m'appelle Dao Van Cong Yan, mais dans la communauté française on m'appelle tout simplement Yan. Je suis née d'un père vietnamien et d'une mère française. Mon père ayant fait carrière dans l'armée française, j'ai grandi un peu partout dans le monde notamment en Afrique, et aujourd'hui toute ma famille vit à Tahiti. 

De mon côté j'ai eu un bac commercial, puis j'ai été à l'université où j'ai eu un diplôme de technicien de gestion des PME. A la fin de mes études j'ai décidé de travailler pour la grande distribution à l'étranger, j'ai donc été recruté par Carrefour pour qui j'ai travaillé pendant 5 ans en Polynésie, puis j'ai été débauché par un concurrent privé avec qui nous avons ouvert le premier supermarché français ouvert 24/24 et enfin j'ai été débauché une nouvelle fois pour travailler sur le plus vieux supermarché français à Bora Bora. Ce qui fait un total de 11 ans dans la grande distribution. 

Après cette expérience dans les GMS, j'ai commencé à ressentir l'envie de devenir mon propre patron. J'ai donc commencé à écrire et vendre des business plan en tant que consultant en affaires, et c'est grâce à cette même activité que j'ai rencontré celui qui aujourd'hui mon associé. J'avais travaillé avec lui il y a trois ans et lorsqu'il a décidé d'ouvrir Home Kitchen, il m'a proposé de lancer le concept avec lui.
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Peux-tu nous expliquer le concept de Home Kitchen ?
Oui bien sûr ! Il s'agit d'une structure qui englobe beaucoup d'activités. 
C'est un projet pilote qui va bien au-delà de la restauration. 

L'établissement englobe le restaurant mais aussi un homestay (17 appartements allant du studio jusqu'au loft), une cave à vin, un rooftop, une "cooking class" et des espaces d'accueil pour nos "partners". 



Pour expliquer ce dernier aspect, Home Kitchen accueille en son sein plusieurs personnes afin de les aider à implanter et développer leurs activités à Hanoi. Pour simplifier, on peut dire que nous fonctionnons pour eux un peu comme un incubateur, nous essayons de les faire bénéficier d'un environnement sain. Nous leurs offrons gratuitement un espace pour travailler, de la visibilité, les connaissances business que moi et mon partenaire pouvons avoir, nous les accompagnons dans leurs études de marché, et ils peuvent également tester leurs produits directement auprès de la clientèle de Home Kitchen. En contrepartie, ces partners aident Home Kitchen et collaborent à son développement, notamment sur des évènements. C'est une vision gagnant-gagnant.

Et qui sont ces partners ?
En ce moment nous accueillons 3 partners.

Il y a Stéphane, un boulanger français, qui a son atelier ici au sein de Home Kitchen, il est actuellement en phase expérimentale sur le développement d'un biscuit à destination des GMS locales ou bien d'un concept de sandwicherie.

Nous accueillons aussi un Sud-Africain qui a ouvert dans nos locaux un atelier charcutier spécialisé dans le boeuf séché.

Et enfin, nous accueillons aussi un danois qui fabrique des objets en bambous avec son concept  « Not just bamboo » .

Accueillir ces partnerships intégrés à Home Kitchen permet de mettre à profit les compétences de chacun. Ainsi, les produits de nos partners Français et Sud-Africains se retrouvent sur la carte de Home Kitchen et les produits de "Not just bamboo" sont mis en avant lors de market que nous organisons parfois au sein de Home Kitchen.

Aussi, nous choisissons uniquement des partners qui sont concernés par nos engagements sociaux et qui partagent nos convictions.

Justement, quels sont ces engagements sociaux que vous avez au sein de Home Kitchen ?
Ils sont au nombre de quatre, ils traduisent notre conviction que l'on peut faire du Business autrement.
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Premièrement, il y a notre engagement environnemental. La quasi-totalité du mobilier de Home Kitchen est issu du recyclage et même les vitres proviennent de magasins ayant fait faillite. C'est un engagement parfois lourd car, une simple chaise peut mettre jusqu'à trois semaines à être produite, le temps notamment de réunir la matière première adéquate qui sera réutilisée. Ainsi, c'est réellement une part de notre chiffre d'affaires qui est sacrifiée pour cet engagement, car au lieu de créer la décoration du rooftop en une semaine, cela prend deux mois à être fait en matériaux recyclés, ce qui retarde l'ouverture et donc le retour sur investissement.

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Puis il y a notre engagement pour la protection des animaux. Home Kitchen accueille des chats en provenance des campagnes défavorisées et souvent en mauvais état. Nous supportons donc un coût important en vétérinaire et en nourriture pour chat de qualité qui doit être importé.

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Ensuite, nous avons notre engagement humain, on travaille notamment avec l'ONG LP4Y afin d'offrir du travail à des SDF locaux et les réinsérer. Je dois parfois même leur apprendre à dire bonjour et accueillir poliment les clients. Nous avons même parfois perdu des clients car, selon eux nos employés étaient trop rudes, mais c'est un engagement qui nous tient à cœur. Aussi, nous engageons des personnes des campagnes où il n’y a pas beaucoup de travail et leur fournissons parfois un logement gratuitement au sein de Home Kitchen (notamment le manager du homestay à qui une chambre a été mise à disposition gratuitement).

Enfin nous nous engageons auprès des associations. Lors de chaque événement, nous leur mettons un stand à disposition gratuitement pour leur offrir de la visibilité. Lors du "craft market" de ce week-end, il s'agira de l'association Tiny treasure qui est une association locale sensibilisant sur l'autisme au Vietnam. Pour chaque association que nous soutenons, j'effectue un contrôle préalable afin de m'assurer du sérieux et de l'efficacité de l'association

Ici, nous travaillons au quotidien avec chacune de ces causes, contrairement à de nombreuses grandes marques qui ont parfois tendance à résumer cela à de la communication. Ces causes m'ont toujours tenu à cœur donc je tenais à les intégrer à mon entreprise. Déjà, lorsque je travaillais chez Carrefour en Polynésie j'embauchais régulièrement des personnes en réintégration.
Concernant le restaurant Home Kitchen en lui-même, peux-tu nous en dire un peu plus ?
Oui bien sûr !
Il est composé de plusieurs espaces : un living room, un wine corner où l'on retrouve parfois des dégustations, plusieurs espaces clos pour des réunions business ou des teams building, un rooftop avec une vue magnifique sur le West Lake et enfin un jardin où l'on peut lire des livres mis à disposition entourés de nos chats ou bien dessiner ou lire ses mails. C'est un lieu très apprécié car très calme, et donc à l'opposé du quotidien de nos clients à Hanoï. 

Concernant la cuisine, moi et mon partenaire n'étant absolument pas issus de la restauration, nous avons fait appel à des chefs. Comme le nom l'indique, il s'agit d'une cuisine comme à la maison, à laquelle nous avons appliqué une politique de "farm to table" avec une utilisation minimale de produits industriels. Nous nous sommes aussi adaptés aux exigences locales en offrant des plats typiques vietnamiens mais aussi des plats western pour satisfaire la clientèle issue des hôtels internationaux à proximité (Sheraton, etc...). Globalement il s'agit d'une fusion vietnamienne-française, et nous essayons toujours d'amener nos clients vers des produits qu'ils ne connaissent pas.
Enfin sur l'ambiance, le concept reste tourné "Home" & "Friendly", par exemple nos serveurs n'ont pas d'uniformes et sont poussés à échanger avec les clients, ce qui les aide d'ailleurs à progresser en anglais. Beaucoup de nos clients sont des expatriés, souvent loin de leurs familles, l'objectif est donc de leur offrir aussi une ambiance où ils se sentent bien et "comme à la maison" !
D'ailleurs concernant les clients, qui sont-ils généralement ?  
Nous avons toutes les nationalités, coréens, chinois, français, sud-africains. Nous avons assez peu de locaux puisqu'ils sont plutôt timides, quand ils voient beaucoup d’étrangers ils ne sont pas forcément à l’aise.

Nous sommes contents puisque nous sommes toujours en soft opening, et malgré tout nous avons déjà 2000 clients par mois, j'ai même dû stopper le marketing pendant 40 jours puisque nous ne pouvions plus suivre la demande.

Pourquoi avoir choisi le Vietnam pour te lancer dans l'entrepreneuriat ? As-tu vécu des difficultés particulières liées à ton implantation dans ce pays ?
Premièrement, j'ai choisi le Vietnam pour me rapprocher de mes origines. Aussi, car c'est un pays en mouvement perpétuel, avec tellement de choses à faire. La croissance ici est folle et il y a énormément d'opportunités à saisir. Ici, il est assez facile d'ouvrir une affaire et les business sont souvent rentables en 6/12 mois, j’en ai même enregistré des bénéfices en un mois !

Être à moitié vietnamien ne m'a pas forcément enlevé de difficultés. Même si beaucoup disent le contraire, il est possible d'ouvrir une affaire avec des fonds 100% étrangers et en être le propriétaire, sans avoir recours à un "prête-nom" ou autre, il suffit de parler anglais. Malgré tout, dans certains secteurs, avoir un partenaire vietnamien peut ouvrir des portes.

Comment est vu l’entrepreneuriat au Vietnam ?
La jeune génération est très intéressée par l'entreprenariat, et dès le plus jeune âge, vers 18 ou 20 ans. Il y a par exemple beaucoup d’émissions TV consacrées aux start-up ici. Et tout le monde est très friand d’approches nouvelles. C’est un pays en plein développement, donc il y a globalement de la place pour ceux qui souhaitent se lancer.

Si tu n’avais pas monté cette affaire, que ferais-tu aujourd’hui ?
Je serai resté à Bora Bora je pense ou alors je serais parti dans un autre pays, ça fait 15 ans que je suis expatrié maintenant. Quoiqu'il arrive j'aurais toujours eu en moi cette envie de voir des choses différentes.

Pour finir, as-tu des conseils pour se lancer au Vietnam ?
Pas croire que c’est facile ! Puisque beaucoup se sont plantés ici, il ne faut pas croire que c'est facile pour tout le monde. 

Il faut surtout savoir s'adapter, au management vietnamien par exemple. Il faut prendre le temps de faire des réunions plus longues si tout le monde ne parle pas bien anglais. Il faut intégrer qu'ici la hiérarchie est verticale, mais mixée avec un aspect « familial » en quelque sorte, une bienveillance. Il faut savoir être flexible avec les employés, ils font de longues journées (48h/semaine est le maximum légal), ils ont souvent 2-3 jobs en même temps, donc il faut comprendre qu’ils sont fatigués et ne pas trop en demander. S’adapter c’est non négligeable.

Merci Yan!
Avec plaisir!
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Merci à Yan, ses partners et ses employés pour l'accueil !

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