Mobirise
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Louis Bommelaer - Paris

J'ai rencontré Louis il y a 3 ans en Asie pendant qu'il était en train de réaliser son projet "Ailleurs Du Nouveau". 

Son projet ADN consistait à rencontrer des entrepreneurs français qui se sont lancés en Asie et connaître leurs quotidien. Nos projets ayant des similitudes, j'ai repris contact avec Louis pour revenir sur cette experience en interview. On y parle de l'origine de cette idée, de se lancer, d'opportunités et de son travail d'entrepreneur dans une agence événementielle aujourd'hui.

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Age: 26 ans

Lieu de vie: Paris

Activité: Partner  Chab Pte Ltd

Devise: « Cash is King », « If plan A didn’t work the alphabet as 25 more letters»

Métier rêvé pendant l'enfance: Etre Johnny (RIP) à Bercy

Photo: Première rencontre avec Louis (Louis en bas à droite) en 2015 

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DAB: Bonjour Louis, nous nous sommes déjà croisés mais présente-toi pour ceux qui ne te connaissent pas encore !
Louis : Ahah je sais pas, c’est marrant, ça fait longtemps qu’on ne m’a pas posé cette question ! Je te dirais le truc hyper classique… Je m’appelle Louis, j’ai 26 ans…

Dans ce cas, présente-nous en 2-3 phrases le projet ADN, d’où t’es venue l’idée ?
Enfaite moi ça à commencé exactement comme toi! C’est dire que j’ai fini l’ESSCA et j’avais une proposition de job en France. Mais ma copine partait pendant 6 mois en Inde et je n’avais pas du tout envie de rester à Paris. Et j’avais très envie de fonder ma boîte mais je ne savais pas quoi… Donc enfaite vraiment pareil que toi. Et du coup je me suis dis que j’allais partir en Asie pour aller interviewer des entrepreneurs Français, et en faire des vidéos, et en parallèle (officieusement) que cela me permettrait de chercher des opportunités, soit pour monter une boîte là-bas, soit trouver une boîte, soit revenir en France avec des idées. J’avais un peu d’économie et j’avais envie de voir l’Asie

D’une certaine façon tu avais peur de rester bloqué en France ?
Oui totalement! J’avais envie d’ouvrir mes horizons et découvrir ce que l’Asie avait à offrir. Et je me disais que si je ne saisissais pas ce projet cool, le plan se transformerait en « bosser en Audit à la défense » ou autre qui me mettait un peu la nausée.

Et l’idée en elle-même, d’interviewer des entrepreneurs ? Elle est venue d’où ?
Bah je pourrais te mentir en te disant que j’ai tout crée moi-même, genre je me suis levé un matin et je me suis dis « Wahoo l’idée de ouf », sauf que ce n’est pas le cas. L’idée m’est venue de W project, c’est un peu le même concept, c’est 2 gars qui partent tout les ans dans une certaine région du monde pour y découvrir des business plan locaux innovants. C’est une asso vraiment stylée et qui m’a vraiment donné envie de le faire! Mais moi la grosse différence c’était que moi mon but, c’était pas tellement de comprendre le business du mec, mais de suivre la vie de cet entrepreneur dans son business. Je voulais chopper le gars au petit déjeuner avec ses croissants, déjeuner avec lui et le soir aller faire la teuf avec lui, pour voir vraiment quelle était sa vie quotidienne. Puisqu’être entrepreneur à Singapour, c’est pas la même chose qu’être entrepreneur au Laos, et justement, rencontrer des entrepreneurs dans 10 pays différents, ça te permet de découvrir les modèles que tu kiffes et ceux qui te paraissent vraiment pas pour toi. Par exemple aujourd’hui, je sais que j’adore le mode de vie au Laos, aux Philippines ou à Hong Kong et sur des critères plus business Singapour ou Hong Kong. Donc l'aspect Business des rencontres m’intéressait aussi, mais plus que la rentabilité et l’avenir du business de l’entrepreneur, je voulais m’immerger dans son quotidien.  C'est d'ailleurs pour cela que j'ai choisi de diffuser les interviews en vidéo, afin de montrer l’environnement quotidien dans lequel évoluait l’entrepreneur.

Concernant les pays visités, toi tu avais défini à l’avance ton itinéraire ou c’était improvisé ?
C’était complètement improvisé. J’avais le premier pays et ensuite j’allais là où j’avais des opportunités en fonction des entrepreneurs que j’avais rencontré et des connaissances qu’ils pouvaient avoir. D’ailleurs quand tu regardes bien l’itinéraire que j’ai fais, au final il n’a aucun sens ahah je vais à l’Ouest puis à l’Est ensuite je reviens à l’Ouest etc, … Le moins on a de contraintes et plus on a de belles opportunités.

Du coup tu disais que tu étais plus intéressé par l’expérience et le pays de l’interviewé que son business en lui-même, du coup, est-ce que par exemple tu as interviewé des personnes dont le business ne te parlait vraiment pas ?
Ahah oui complètement! J’ai rencontré un monsieur notamment au Laos, qui n’était pas dans le moule qu’on peut avoir tous les 2 qui sommes des petits « produits» fraichement sortis d’école de commerce qui veulent un peu croquer le monde. Ce monsieur que j’ai vraiment adoré, qui m’avait sorti, qui m’avait montré tous les petits coins du Laos, et bien il faisait des bijoux faits mains au Laos, il m’avait emmené voir son artisan qui faisait fondre son or et qui construisait les bijoux avec le marteau et tout! Et le gars était passionné! Il vendait ses bijoux dans 2 boutiques et vivait assez modestement, alors que je me rappelle qu’il avait en plus un parcours assez brillant, mais il était vraiment trop cool et il kiffait ce qu’il faisait. Il m’avait pas donné envie de faire pareil mais je dois dire qu’il m’a donné une belle leçon.

Pourquoi as-tu décidé de prendre l’Asie comme destination ? Et pas l’Amérique latine ou autre ?
Pour 3 raisons je dirais. Premièrement ma copine était en Inde, donc mine de rien ça m’a permis d’aller faire 1 aller-retour pour aller la voir! Je me marie l’année prochaine donc j’ai plutôt bien fait ahah.

Ah bah bravo félicitation !
Merci! Et la deuxième raison, c’est que ça coutait moins cher et je le savais. La troisième raison, c’est que je faisais que d’entendre des histoires sur des Français qui y étaient allés et qui ont très bien marché donc je voulais aller voir ça. Enfin j’ai aussi choisi l’Asie puisque je nourrissais le projet secret d’aller monter ma crêperie à Bali. Même si au final je me suis rendu compte sur place que ça allait être un enfer pour beaucoup de raisons.

Et dans ce projet ADN, est-ce que tu étais axé sur un secteur en particulier ? Par exemple, j’ai vu que tu avais fait beaucoup d’interviews d’entrepreneurs plutôt tournés « food » est-ce que toi tu étais vraiment focus là-dessus ?
Oui c’est vrai! Mais non non pas du tout, ce n’était pas fait exprès. C’est juste que tu trouves beaucoup de Français qui fondent leur boîte dans la gastronomie, puisque c’est un peu le truc « facile », c’est typiquement le savoir-faire français qui fonctionne à l’étranger. Et puis, quand tu demandes sur les groupes Facebook « Les français à Singapour », « Les Français en Thaïlande », etc,… si du monde connais des entrepreneurs français, tout le monde t’envoie le contact du restaurateur qu’il connait.

C’est marrant puisque c’est exactement la stratégie que je vais adopter pour rencontrer des entrepreneurs ! Aller sur ces groupes Facebook et dire « Je cherche… »
Oui et bien tu vas voir ça marche très bien! La preuve avec moi qui t’ai dis oui tout de suite pour cette interview, c’est que les gens sont trop contents de parler d’eux et de se prendre pour des « business men en herbe » le temps d’une interview, et puis ça permet à nous autres entrepreneurs de se faire un petit peu de communication. Ça fait plaisir de parler de soit et de son projet. En plus généralement, je rencontrais un entrepreneur dans un pays et ensuite il me donnait le contact de tous les autres entrepreneurs français du pays, puisqu’ils se connaissent souvent entre eux.
Aussi, j’ai eu la chance d’avoir une belle visibilité dans la presse avec un article dans le Figaro étudiant! Et le lendemain, je suis passé de 400 likes sur ma page à 1000. Et à partir de ce moment là j’ai même été contacté par des entrepreneurs, d’eux mêmes pour que j’aille les interviewer, tout frais payés.

Quels enseignements tu as tiré de ces 6 mois ? J’avais lu je sais plus où que tu disais que ce qui t’avait marqué c’est qu’on n’a pas besoin d’une idée de extraordinaire pour réussir en Asie…
C’est exactement ça! Tu as tout dis. Les mecs qui ont le plus réussi dans ceux que j’ai vu, ils ont rien inventé. Et il y a un deuxième enseignement, et celui-ci il est vraiment ultra important, si un français veut se lancer en Asie avec une idée trop Française, et bien il va se planter complètement.

Puisqu’il faut l’adapter ?
Exactement! Par exemple le pain, là bas il fait tellement humide qu’en 3H le produit il est plus bon, et même, ce n'est pas sûr qu’un Vietnamien aimera des produits français, il aimera plutôt des produits vietnamiens avec une touche française. Et il ne faut pas seulement adapter le produit mais aussi le management, puisque tu manages absolument pas de la même manière une équipe à Singapour qu’une équipe en France. Dans beaucoup d’endroits en Asie, tu quittes un job du jour au lendemain si on te propose de gagner qu’un tout petit peu plus ailleurs. Une fois, une entrepreneuse m’a par exemple raconté qu’une employée avait justifié des absences en disant 3 fois en 4 mois que son grand-père était mort! Donc il faut un management bien particulier.

Que s’est-il passé à ton retour d’Asie, une fois ton projet ADN terminé ?
Et bien écoute j’ai recontacté toutes les personnes que j’avais interviewé en leur annonçant que j’allais monter ma boîte en France même si concrètement c’était encore très flou pour moi comme projet. Et il y’en à un qui s’appelle Guillaume qui avait monté depuis 3 ans une boîte d’événementielle à Singapour qui m’a dit: « Ne monte pas ta boîte tout seul, mais monte plutôt notre boite en France, comme ça on s’associe et je te donne tous les outils pour que tu mettes 6 mois au lieu de 3 ans pour monter l’affaire et que tu puisses être rentable rapidement ».

Ahhh oui c’est fou!
Oui c’était une chance de fou! Et vraiment ça m’a permis d’aller bien plus vite et de gagner un temps pas possible. Mais en revanche c’était « vas chercher tes clients, je te donne les présentations powerpoint et les outils ».

Et puis ça t’a sûrement aussi permis de profiter d’un nom qui était déjà établi
Exactement! Lui avait un nom qui était déjà bien établi à Singap’, mais pas en France. Et la stratégie qui a été suivie ça à été d’aller voir les gros clients qui sont déjà à Singapour et de leurs proposer de continuer la collaboration avec Chab events, mais cette fois en France, et après, de se servir de ces gros clients comme figure de proue pour en conquérir de nouveaux. En plus, venir avec le nom de Chab events, derrière moi ça me permettait de dire « On à déjà 70 clients » et donc de gagner la confiance. Donc j’ai été bien entouré! Parce que ce Guillaume en question je l’avais 1 heure par jour au téléphone, et il prenait le temps de me briefer sur tout. 
C’était il y a 3 ans maintenant et depuis on a bien avancé, on a eu une belle croissance. Aujourd’hui, on est 25 à Singapour et entre 3 et 6 en France alors que quand je suis arrivé on était uniquement 7-8 à Singap’. D’ailleurs j’étais partenaire pour la France chez Chab events, et, c’est officiel depuis 2 semaines donc tu peux en parler, je suis aujourd’hui passé associé au groupe même! J’ai donc bien fait de leur faire confiance.

Et justement j’avais prévu de te demander si tu travaillais encore en lien avec l’Asie, mais étant donné que tu m’as donné rendez-vous à côté de l’ambassade Singapour je suppose que oui ahahah
Ahah oui! D’ailleurs on a la chance chez Chab events de travailler avec l’ambassade de Singapour sur des évènements. Sachant qu’on travaille sur des appels d’offres donc on est pas tout seul mais justement vue l’histoire de Chab events, l’ambasade sait qu’on comprend assez bien comment Singapour marche, et les exigences singapouriennes à Paris. Donc souvent on vise juste.

Et typiquement qui sont vos clients au sein de Chab events ?
A Singapour on a une 100aine de clients, principalement des grosse boites, beaucoup de banque, de téléphonie, d’audit, de tech. En France, on travaille avec à peu près le même type de client. Par exemple Insead qui est un client important à Singapour et grâce à qui on a pu faire nos premiers évènements en France. Aujourd’hui pour citer quelques clients en France, on peut nommer Vinci, BNP, Galleries Lafayettes, Red Bull.

Et principalement c’est des événements internes à l’entreprise ou… ?
Les 2! Après, notre coeur de cible, c’est le Marketing experientiel et le lancement de produit. Typiquement, si une marque lance une nouvelle gamme de produits, nous nous chargeons de l’évènement de lancement avec tous les VIPs et les gros clients de l’entreprise, le tout inclus dans une offre clef en main. Après, on essaye vraiment de faire de la communication événementielle plutôt que de l’événementiel pur et dur, par exemple on va aussi se charger des campagnes presses.
Du coup, l’organisation d’évènement interne à une entreprise on le fait aussi mais ça représente environ 20% de notre CA.
Aussi, dans notre agence on a une dimension particulière qui est que l’on cherche à savoir pourquoi le client veut faire cet event. On essaye de connaître son objectif: -Est-ce qu’il veux faire connaître la boîte? -Est-ce qu’il veut faire connaître une technologie développée par la boîte? Est-ce qu’il veut ressouder les employés entre eux?
Et c’est ce « Pourquoi? » qui est la première question qu’on pose à un client quand il vient nous chercher ensuite, tout ce construit autour de ça. On met l’événementiel au service de résolution de crises ou de message à faire passer ... -Elle était stylée cette phrase ahah-

Enfin pour revenir au projet ADN, si tu ne l’avais pas fait, qu’est-ce que tu ferais aujourd’hui ?
Ahah bien vu puisque ça c’est une vraie question! Hmmm…. A vrai dire j’ai déjà réfléchi à ça, en gros, aujourd’hui je serai peut-être super heureux, en France, dans une boite récente, numérique, avec des sujets un peu tech, intelligence artificielle VR, etc,… Mais surtout si j’avais pas eu cette expérience j’aurais jamais eu la chance aujourd’hui d’être passé associé sur une boîte qui fonctionne bien, qui a plus de 25 employés et qui n’en est encore qu’au début. Quand je dis qu’on est encore qu’au début c’est qu’on à un terrain de jeux qui est illimité! Je sais pas, y’a combien de pays sur la terre? Ahah.

Et si le projet ADN était à refaire, que ferais-tu de différent ?
Globalement rien, si je l’avais mieux préparé je pense que j’aurais pu rencontrer encore plus d’entrepreneurs passionnants, mais ce coté « à l’arrache » faisait parti du charme.

Merci de m'avoir accordé cette interview Louis!
Avec plaisir!

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